Le point G fait partie de l’anatomie de toutes les femmes. Ce n’est pas parce qu’on ne le voit pas qu’il n’existe pas. Toutes peuvent le stimuler. Si vous avez envie de trouvez le point G, de savoir de quoi il s’agit ou simplement d’apprendre à explorer le plaisir féminin, cet article est pour vous. J’ai choisi de parler du point G tout d’abord pour déconstruire les tabous liés à l’anatomie et au plaisir féminin, pour aider les femmes et leurs partenaires à explorer de nouvelles sensations et à mieux les apprivoiser.

Mise en garde : Cet article contient des images explicites qui peuvent être inappropriées dans un milieu de travail.

Petite histoire du plaisir sexuel féminin

Le plaisir féminin a été assez malmené dans les derniers siècles. Qu’on pense à l’époque Victorienne qui réprimait le désir sexuel et la masturbation, puis à l’hypothèse de Freud comme quoi le plaisir procuré par la stimulation du clitoris était immature.

Notre discours sur le plaisir sexuel féminin est encore teinté de cette histoire. Quand vous croyez qu’il est plaisant de se contraindre à stimuler qu’un seul endroit du corps, vous pensez un peu comme Freud. Au contraire en stimulation plusieurs endroits, vous procurerez plus de plaisir. Le plaisir reste du plaisir, peu importe l’endroit du corps stimulé. Quand on se force à stimuler le vagin parce qu’on a la croyance que cela devrait être plaisant pour la femme, on ne devient pas meilleur partenaire sexuel. On est un meilleur partenaire sexuel, quand on est à l’écoute de se qui amène le plus d’excitation sexuelle et de plaisir. Pensez au clitoris. Des études à l’UQAM ont démontrées que le clitoris est la partie du corps humain la plus sensible. Cela signifie qu’aucune partie du corps masculin est aussi sensible que le clitoris. De grâce ne vous limitez pas qu’au vagin ou qu’au clitoris. Le corps est parsemé de capteurs qui n’attendent qu’à être découverts.

D’ailleurs, il est dépassé de parler d’orgasme clitoridien ou d’orgasme vaginal considérant que les deux sont inter reliés. Par exemple, les corps caverneux du clitoris sont stimulés lors de la pénétration. En réalité, la partie visible du clitoris ne représente que la point de l’iceberg. En voici une représentation en 3D.

clitoris-3d

Sur l’image, on peut voir en rose le clitoris et le prolongement des corps caverneux. Cette section se gonfle de sang lors de l’excitation sexuelle, tout comme les corps caverneux des hommes se gonfle de sang et permettent l’érection. La section en rouge est le bulbe du vestibule. Il entoure le vagin et se gonfle lui aussi de sang.

Sensation du point G

Plusieurs femmes ne ressentent pas de plaisir lors de la pénétration. C’est un fait qui est difficile à accepter, autant pour les femmes que les hommes. Certaines femmes ressentent même de la douleur lors de la pénétration vaginale. Avoir du plaisir en stimulant le vagin n’est pas automatique et ce n’est pas universel. Plusieurs femmes aimeraient ressentir du plaisir vaginal et il y a plusieurs manières d’y parvenir. Il faut tout d’abord explorer les sensations vaginales.  D’ailleurs mesdames, quelles sont les sensations que vous percevez lors de la pénétration du vagin?

Lorsque la question est posée, plusieurs femmes vont dire qu’elles ne ressentent rien lors de la pénétration. Vraiment rien? En fait, elles veulent plutôt dire qu’elles ne ressentent pas un plaisir qui peut les amener à l’orgasme. C’est très différent de ne rien ressentir.

En statistique

On estime qu’il y a entre 24% et 37% des femmes qui auraient de la difficulté à atteindre l’orgasme. La présence de croyances irrationnelles sur la sexualité contribue à cette statistique. En en voici des exemples :

  • L’exploration sexuelle de la femme est un caprice
  • L’orgasme ne devrait se produire que durant la pénétration
  • L’orgasme des deux partenaires doit se produire en même temps
  • La femme n’a pas autant besoin d’activités sexuelles que l’homme
  • Les organes génitaux sont dégoûtants
  • Le développement sexuel se fait naturellement et de façon spontané
  • Une femme qui ne jouit pas signifie qu’elle n’aime pas son partenaire

Faux, faux, faux… Une chance, maintenant vous le savez. Le plaisir sexuel féminin peut et doit être exploré.

Le summum du plaisir

Le point G est souvent représenté comme le summum du plaisir pour la femme. Une boutique de macarons à Montréal a même choisi son nom, « Boutique point G ». Devinez leur slogan? « Cédez au plaisir ». Mais la réalité est différente du mythe. Une même sensation décrite de la même manière ne sera pas agréable d’une femme à l’autre. Ainsi, lorsque vous explorez les sensations que le point G procure, il est possible que la femme trouve cette expérience désagréable. Parfois une nouvelle sensation peut au départ sembler désagréable simplement parce qu’elle est nouvelle ou inattendue. Si c’est le cas, vous pouvez tenter d’apprivoiser cette sensation, tout dans le respect de vos limites.

Plusieurs femmes expérimentent l’éjaculation féminine lors de la stimulation du point G. Pour plus de confort, il est préférable de mettre une serviette sous la personne qui souhaite atteindre l’orgasme en stimulant le point G.

Comment stimuler le point G?

Comme dit  « Dire aux jeunes femmes que leur jouissance par la stimulation externe du clitoris n’est pas une vraie jouissance est malsain. Mais faire de notre vagin une « cavité » sans intérêt est tout aussi malsain. »

Pour ressentir du plaisir, il faut tout d’abord explorer les sensations vaginales. Le tiers extérieur du vagin est plus sensible à la stimulation des muscles de surface (toucher en surface) et le 2 tiers intérieur du vagin est plus sensible lors de la stimulation des muscles en profondeur (aux pression fortes). Le point G est une zone plus sensible, notamment car il s’agit de l’emplacement des corps caverneux du clitoris et des glandes para uréthrales (Skene). Encore une fois, il se peut qu’il n’y ait pas de plaisir lié à la stimulation du point G.

point_g_schema

Pour situer le point G :

  • Vous pouvez le faire seule ou avec l’aide d’une autre personne
  • Insérer un ou deux doigts dans le vagin jusqu’à la deuxième phalange (voir l’image précédente)
  • Si la femme est sur le dos et qu’on utilise un cadrant horaire pour situer le point G, il se trouve à midi.
  • La texture de la peau est rugueuse à cet endroit et elle durcit un peu lorsqu’elle est stimulée.
  • Il se peut qu’il soit nécessaire d’exercer une pression très forte pour stimuler le point G.
  • Plusieurs femmes ressentent l’envie d’uriner lors de la stimulation du point G, mais cette sensation peut s’atténuer et laisser place à plus de plaisir.

Lors de la stimulation, la femme peut pousser les muscles du vagin et du plancher pelvien vers l’extérieur, plutôt que de les contracter vers l’intérieur du vagin. Imaginer un ascenseur qui peut monter et descendre. Dans les exercices de Kegel on cherche à faire monter l’ascenseur, lors de la stimulation du point G on cherche à le faire descendre.

La recherche du point G n’est pas la quête du Saint-Graal: vous pourrez le trouvez facilement! Pour plus de questions sur le plaisir féminin, n’hésitez pas à prendre rendez-vous.

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Author Julie-Édith Gauthier

Julie-Édith c’est La Sexologue. Elle étudie la sexualité humaine à l’université pendant 6 ans. Passionnée des enjeux sur le genre et l’identité sexuelle, le désir, la dépendance sexuelle et l’imaginaire érotique.
Elle est aussi psychothérapeute.

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