Avant d’appeler un sexologue et de prendre un rendez-vous, la grande majorité des gens passent par une longue période de réflexion.  Saviez-vous que les gens font en moyenne 7 tentatives pour aller chercher de l’aide avant le premier rendez-vous? Comment comprendre que ça soit si difficile de consulter un sexologue? Amorcer un changement commence tout d’abord par une prise de conscience du problème. Ensuite, on doit réfléchir aux solutions qu’on souhaite essayer. Finalement, il faut choisir une solution puis se lancer. Chaque étape peut être plus ou moins longue, car tout le monde a des résistances à consulter un sexologue. Les résistances sont des pensées qui peuvent nous faire obstacle dans nos recherches de solutions. Cet article vous permettra de prendre conscience de vos résistances et vous donnera des moyens pour les surmonter.

1. Je peux régler le problème seul

 Il est vrai que même en thérapie, c’est vous qui ferez une grande partie du travail. Le sexologue est là pour vous aider à continuer ce travail, à vous guider vers des endroits que vous n’avez pas explorés, à vous suggérer des pistes que vous n’auriez pas envisagées. Il est sain d’essayer plus d’une solution. Si vous souhaitez le régler seul, demandez-vous quel sera votre signe que ce n’est plus suffisant. Après tout, il est normal que si on utilise toujours la même solution on arrive toujours au même résultat.

2. Ce n’est pas moi le problème

 Pour plusieurs, il est plus simple d’accuser les autres et de croire que les problèmes viennent d’ailleurs. Vous vous retrouvez toujours dans la même dynamique de couple? Vous avez maintenu une situation insatisfaisante depuis longtemps? Vous avez probablement votre part à jouer dans votre problème sexuel.

3. J’ai peur de ne pas savoir quoi dire au sexologue

 Il peut arriver qu’en thérapie on ne sache pas quoi dire, c’est même très fréquent. Le sexologue peut vous aider à vous exprimer sur ce que vous vivez. Certaines personnes vont se pratiquer à expliquer leur problème sexuel ou affectif avant la première rencontre. Il est possible d’écrire une lettre adressée au sexologue et de la lire en début de séance. D’autres vont réfléchir à ce qui est abordé entre les rencontres et à ce qu’ils se souviennent de la dernière rencontre.

4. J’ai peur d’avoir l’air faible

 Les hommes ont plus de difficultés que les femmes à aller chercher de l’aide. La plupart du temps, ces derniers attendent que le problème soit urgent avant d’aller consulter. Le danger, c’est qu’en faisant comme si rien n’était, on maintient une très grande tension intérieure. Avec le temps, une telle pression peut nous épuiser. Il devient plus difficile de gérer les mêmes émotions et les mêmes situations. Cela nous rend plus sensibles, plus vulnérables… plus fragile. Ce n’est pas d’avoir l’air fort qui nous rend forts. Au contraire, reconnaître ses fragilités est un signe de maturité émotionnelle.

5. Un sexologue ça coûte cher, je n’ai pas le temps

Une thérapie avec un sexologue est un investissement que vous faites dans notre développement personnel. Si vous souhaitez réellement faire une différence dans votre vie, le temps et l’argent ne devraient pas être la seule raison qui vous empêche d’avancer. Même des gens avec peu de moyens réussissent à trouver les fonds nécessaires lorsque le besoin est important. De plus, la plupart des thérapeutes acceptent d’avoir une rencontre aux deux semaines. Certains ont même des tarifs réduits. Il est possible de consulter un sexologue pour quelques rencontres, selon ce que votre budget vous permet. Vérifiez avec vos assurances afin de savoir si les rencontres pourraient être remboursées.

6. Les thérapies, ça ne marche pas

Qu’est-ce qui n’a pas marché dans vos thérapies? Il est possible que la thérapie ne fonctionne pas si vous changez sans cesse de sexologue, si vous gardez certaines informations cachées en thérapie, si vous n’appliquez pas les solutions discutées, si les rencontres sont trop espacées ou si vous interrompez la thérapie avant la fin du traitement. Gardez patience, une thérapie ne donne pas de résultats automatiquement.Essayer d’évaluer la responsabilité que vous avez eue dans l’échec de votre démarche avec un sexologue.

7. Je ne suis pas quelqu’un qui parle de ses problèmes

 En regardant nos problèmes en face, on peut alors prendre des décisions par rapport à ceux-ci. On ne peut pas changer quelque chose qu’on cherche à ignorer! Parler de ses problèmes, c’est vrai que c’est inconfortable. Est-ce plutôt la gêne qui vous retient? La première rencontre n’a lieu qu’une seule fois. Après avoir cassé la glace, c’est un peu plus facile d’en parler.

8. Ce n’est pas si grave

 Doit-on attendre que ça le soit? Un problème n’a pas besoin d’être grave pour qu’il soit dérangeant. Chaque personne à un niveau de tolérance différent à la souffrance. Si d’autres personnes vivent des choses qui vous semblent pires, ils peuvent le vivre autrement que ce que vous imaginez. Cela signifie que vous ne méritez pas moins d’être aidé.

9. Je ne veux pas parler de ça à un inconnu

 Si vous choisissez de vous engager dans une sexothérapie, votre sexologue ne sera un inconnu que lors des premières rencontres. Certaines personnes ont l’impression que les thérapeutes ne sont pas intéressés à ce qu’ils vivent, qu’ils ne peuvent pas les comprendre s’ils n’ont jamais vécu leur situation, qu’ils ne font ce métier que pour l’argent. Connaissant plusieurs sexologues, je peux vous dire qu’il s’agit de personnes sensibles, empathiques et généreuses. Quand on choisit un métier qui vise à soigner et à prendre soin des gens, il faut déjà avoir en soi le souci des autres.

10. Si je change, cela va créer des conflits

 Lors d’une démarche avec un sexologue, des choses peuvent changer dans votre dynamique de couple. Il est possible que si vous commencez à mettre vos limites et à prendre des décisions pour votre propre bien-être, votre entourage ne vous reconnaisse plus. Ces conflits sont parfois nécessaires avant d’arriver à un nouvel équilibre, correspondant davantage à ce que vous souhaitez.

 11. Qu’est-ce que ça va changer? Je suis un cas désespéré…

 Pour certains, ça fait tellement longtemps que ça ne va pas, qu’ils peuvent avoir l’impression que ça a toujours été comme cela, que ça ne peut pas changer. Il n’y a pas de cas désespéré, mais il est possible que vous ayez à ajuster vos attentes lors des premières rencontres. Certaines choses peuvent prendre plus de temps à changer.

12. Je n’ai pas de problème de sexe

 Une sexothérapie peut s’adresser aux personnes qui ont des troubles sexuels comme l’éjaculation précoce et le manque de désir, mais aussi pour d’autres troubles. Un sexologue est spécialisé dans les relations amoureuses et tous les problèmes qui peuvent toucher les couples ou relations affectives. Un sexologue possède aussi des connaissances sur l’anatomie sexuelle, l’interaction des maladies avec la sexualité, des malaises par rapport à son genre sexuel, des traumatismes sexuels, etc.

13. C’est juste un problème temporaire

Lorsqu’un problème vient d’apparaître, il est légitime de croire qu’il peut disparaître tout aussi rapidement. Toutefois, il n’y a aucune manière de savoir si celui-ci peut se maintenir dans le temps. Avant qu’il y ait trop de conséquences, consultez un sexologue même si ce n’est que pour une rencontre.

14. Je ne veux pas que les gens sachent que j’ai un problème

Les rencontres en sexothérapie sont confidentielles. Cela signifie que si vous n’en parlez pas, personne ne sera au courant. Personne ne peut lire dans votre esprit. Si les autres venaient à se douter que vous consultez, il est possible d’en dire le moins possible sur vos motivations à consulter. Certaines personnes vont dire qu’ils sont en thérapie au lieu de dire qu’ils rencontrent un sexologue.

Même en cours de traitement, il est normal que les résistances apparaissent. La thérapie est une démarche qui a ses hauts et ses bas. Il n’est pas évident de regarder ses démons en face. Que ça soit à la 1ere ou à la 50e rencontre, n’hésitez pas à parler de vos résistances avec votre sexologue.

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Author Julie-Édith Gauthier

Julie-Édith c'est La Sexologue. Elle étudie la sexualité humaine à l'université pendant 6 ans. Passionnée des enjeux sur le genre et l'identité sexuelle, le désir, la dépendance sexuelle et l'imaginaire érotique. Elle est aussi psychothérapeute.

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